| mardi 26 septembre 2006, a 09:53 |
| Lettre ouverte à Bertrand |
Cher Bertrand,
En 2001, j’ai fait parti de ceux qui ont soutenu votre candidature à Paris et voté pour vous. A l’époque j’ai été séduit, bien évidemment, par l’idée de renouveler un « système » qui avait trop longtemps perduré, mais aussi, par les idées nouvelles que vous avanciez et notamment par le vaste programme relatif à l’urbanisation de notre ville que vous vouliez engagez. On y parlait notamment d’une réflexion sur la place de la voiture dans la ville, d’un certain rééquilibrage au profit d’une meilleure qualité de vie. C’était forcément tentant.
Le constat fait par votre équipe était implacable : depuis 30 ans le développement de l’infrastructure répondant à un souci de fluidification du trafic était un échec car le trafic augmentait tôt ou tard au détriment de la fluidité. Fort de ce constat votre équipe décidait d’aménager l’infrastructure avec une réelle volonté de diminution du trafic. J’ai été un ardent défendeur de cette théorie. Et sur le plan technique je le suis encore.
Cependant, je ne peux passer sous silence les incohérences fondamentales de la réalisation de ce grand projet et le jusqu’au-boutisme de certains éléments de votre équipe qui se sont engagés dans une véritable guerre contre la voiture au détriment de la qualité de vie de nos concitoyens.
Concrètement et six ans après le vaste programme engagé, dans quelle situation sommes nous ?
Sur le plan de la restriction pure et simple du trafic. Vous avez indéniablement marqué des points. Il faut être fou pour se déplacer en voiture à Paris !!
Pour le reste, les incohérences sont nombreuses, les alternatives proposés à la voiture inexistantes et votre politique de verbalisation sans pitié.
Prenez l’exemple des deux roues. Indiscutablement ce mode de déplacement est très approprié à l’environnement urbain dans lequel nous vivons. Jusqu’à présent la circulation de ces véhicules était tolérée dans les couloirs de bus. Vous avez décidé de proscrire cette tolérance. A quoi bon ? Y-a-t-il une justification réelle à cela ?
Par ailleurs, vous avez décidé de sanctionner sans aucune distinction le stationnement de ces véhicules sur la voie publique. Il est indiscutable que leur stationnement peut être gênant mais ils ne devraient exister de sanctions qu’en présence de solution alternative acceptable. Or votre plan d’urbanisation et l’installation de parking deux roues a très nettement sous-estimé le taux d’équipement des franciliens en la matière !!
Laissons là le « petit » focus sur le deux roues et essayons de voir quelles solutions le parisien et plus largement le francilien a à sa disposition pour éviter l’utilisation de sa voiture.
A ce stade, le taux d’équipement et les flux de transport en commun ne semblent pas avoir augmenté proportionnellement à la restriction du flux de voiture que vous souhaitez voir se réaliser. Bien sur vous répondrez que cet aspect du problème ne vous incombe pas uniquement et que les choses vont venir etc…etc. Je ne commenterais même pas ces arguments tant je trouve qu’ils sont en eux –mêmes un terrible constat d’échec !
Voilà, dans le plan dont vous avez laissé la gestion et l’application à des « irréductibles », tout se passe comme si tout le monde travaillait à trois ou quatre foulées de bicyclette de son domicile n’avait jamais rien a transporté….pas même des enfants, et disposait d’une carte VIP pour obtenir un taxi en ville.
Pardonnez-moi le jugement, cher Bertrand, ceux à qui vous avez confié ce dossier ont perdu la raison.
Urbain, cadre actif, père de famille, soucieux de mon environnement, et doté d’un sens civique assez développé, le Paris d’aujourd’hui m’est devenu insupportable, car il m’emprisonne comme jamais il ne l’a fait. Plus de voiture, soit….mais que nous proposez-vous en échange, un samedi, pour balader nos enfants à tel ou tel endroit. Le métro ? L’avez-vous déjà pris avec une poussette ? Le Bus….idem !! Le taxi, en connaissez-vous qui s’arrête avec une telle équipée. J’ai juste trois enfants….je ne suis pas un OVNI….encore que…. une étude récente indique que seul 17% des ménages parisiens ont trois enfants et plus, 33% deux enfants.
Alors le constat est là !! Paris va-t-elle devenir une ville réservée aux seuls « métrosexuelles » et les familles sont-elles destinées à peupler la banlieue et la province. Dans mon entourage, ceux qui en ont les moyens ont choisi de ne pas quitter Paris, mais de ne plus y résider le week-end !! Doit-on se réjouir de cette évolution de la localisation des résidences secondaires des Parisiens ?
La politique d’urbanisation que vous avez laissé dans les mains d’une poignée de fous, se révèle être une douloureuse sanction pour les classes moyennes. J’espère que vous en êtes conscient !!! Je vous souhaite bonne chance pour dans deux ans !!! |
|