| jeudi 12 octobre 2006, a 10:06 |
| Capitaine Chirac : Pompier Incendiaire |
C’est une évidence, la Turquie est un des rare pays à population majoritairement musulmane (99%) dont les institutions soient peu ou prou démocratiques et laïques. Même si « démocratique » là-bas n’a pas la même résonnance que chez nous.
C’est aussi une évidence, au début du siècle dernier, la Turquie d’Atatürk a organisé le massacre de milliers d’Arméniens. D’ailleurs, les Turcs ne le contestent pas vraiment.
Soit, alors qu’attendent ces Turcs démocrates, observateurs éclairés de l’histoire pour reconnaître la gravité des actes commis en Arménie et les qualifier comme il se devrait ?
Du temps mon capitaine….du temps !!
Tout d’abord, la Turquie n’est pas encore une démocratie à l’image des nations de la veille Europe, et cela n’a dans ces propos aucun jugement de valeur négatif. Comme leur nom l’indique les pays de la veille Europe ont eu le temps de peaufiner et de faire évoluer leurs institutions pour arriver à ce qu’elles sont aujourd’hui. Cela n’empêche pas la France de louvoyer avec l’histoire lorsqu’il s’agit de la sienne et notamment de son action colonialiste. Mais je ne suis pas là, pour faire un procès à la France.
Non, je voudrais simplement ici, éclairer le lecteur néophyte sur la problématique à laquelle les intellectuels et gouvernants turcs font face lorsqu’il s’agit du « Génocide Arménien ». Car il s’agit d’un génocide dans le sens où les massacres perpétrés vis-à-vis de cette population avaient pour but de l'éliminer totalement.
La Turquie d’aujourd’hui est un état jeune qui a été portée par son père fondateur Mustapha Kemal : dit Atatürk. Atatürk c’est en Turquie, sur de nombreux points, un Général de Gaulle puissance dix. Sans cet homme, la Turquie aurait pu devenir un pays comme L’Irak, l’Iran ou la Syrie !!
Les Turcs sont encore éduqués dans une espèce de culte vis-à-vis d’Atatürk en reconnaissance de son action.
Mais voilà, ce même Mustapha Kemal a été l’ordonnateur des massacres perpétrés à l’encontre des Arméniens !! C’est là, sans faire un excès de simplisme, que tout le problème des gouvernants et intellectuels turcs se situe.
Comment expliquer au « bon peuple » que leur « père » à qui ils doivent une reconnaissance sans limite a aussi été un bourreau sanguinaire.
Comprenez, les Allemands n’ont pas eu de problème à reconnaitre au lendemain de la seconde guerre mondiale, les exactions perpétrer par leur Chancelier !! Sauf exception de type Faurissonienne, personne en Allemagne ne conteste les faits, leurs gravités ni même la responsabilité de l’Allemagne menée, certes par un fou idéologue. Mais au contraire de la Turquie, l’Allemagne ne doit strictement rien de positif à Hitler !!
Alors voilà. Un illustre personnage politique français très fort en diplomatie disait sur d’autres sujets « il faut laisser du temps au temps ». Il me semble que sur ce problème et en matière de diplomatie cet adage est fort approprié.
L’intervention du Capitaine Chirac en valeureux défenseur de la cause des opprimés, des oubliés oyé oyé n’est une fois de plus que la démonstration de sa « grande finesse ». Non seulement d’un point de vue technique il s’agit quasiment d’ingérence, mais en plus cela n’a pour effet que d’attiser des antagonismes déjà fortement bousculer par les temps qui courent.
La diplomatie, ce n’est a priori pas un jeu de quille. L’action de la France serait certainement plus efficace si elle œuvrait en coulisse avec les gouvernants et intellectuels turcs à une reconnaissance progressive du problème arménien pour au final arriver à faire reconnaître son caractère génocidaire.
Mais, non, Capitaine Chirac n’a pas choisi cette voie. Parce que cette voie, est justement silencieuse, discrète. Or le Capitaine préfère se faire entendre quitte à dire des conn****. Au moins il restera dans l’histoire.
Mair gare à nous, à force de les titiller, nous allons dresser les turcs dont le passé très récent est profondément francophile et pro-européen contre nous, et certains de leurs « aimables » voisins n’attendent que ça pour les rallier à une cause panislamistes (j’ai dit istes !!) radicalement antioccidentale.
Il y a le feu !! Eteignons-le plutôt que de l’attiser.
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