Voilà, j’ai dernièrement eu l’extrême désavantage de vivre une situation de non-emploie. Je n’utiliserais pas le terme normalement approprié, tant j’ai senti, pour l’avoir vécu, le côté miséreux qu’il véhicule. A la place j’utiliserais le terme merdage voir merde !!
Aujourd’hui, sorti de cette situation et ayant repris une activité professionnelle normale, je peux en parler avec une plus grande lucidité et un regard surement diffèrent d’autres qui ne sont jamais passés par là.
Laissez- moi d’abord vous raconter mon histoire. Cadre dirigeant, salarié, et associé minoritaire d’une petite PME, je me retrouve en conflit avec mes « patrons-associés » courant 2005. Le conflit dure quelques mois, et nous aboutissons à une négociation relativement classique dans laquelle je sauve les meubles !!
Janvier 2006, je quitte cette société et m’inscrit à l’ANPE. Au début, j’ai clairement pour projet de monter quelque chose. Les ASSEDIC devant me permettre d’assurer un minimum financièrement.
Après 10 mois, 2 rendez-vous avec une « conseillère » APEC, à qui forcément j’ai raconté quelques bobards, j’abandonne mes projets persos. C’est la déprime, je vais devoir re-travailler dans un cadre « normal » que j’avais réussi à quitter depuis bientôt 7 ans.
Pouffffffffff !! J’essaie tout de suite de me re-motiver dans cette nouvelle perspective et contacte de mon propre chef ma « conseillère » APEC. La discussion que j’aurais avec elle à ce moment là, sera la dernière. Je préférais encore l’époque où je la bobardais !! Cela dit, je me débrouille pour bénéficier d’un « bilan de compétence ». La « conseillère » m’oriente vers quelqu’un qu’elle ne connaît pas qui est juste référencé dans la base des « Consultants RH » accrédités APEC. Ce sera ………très moyen.
Bref, 2 mois s’écoulent pendant lesquels, je ne suis pas au mieux de ma forme et où je n’arrive absolument pas à me projeter dans quoique ce soit. J’ai besoin d’aide……personne ne m’en donne.
Heureusement, mon entourage est là (ma femme surtout………… « Je t’aime chérie »). Je contacte 2, 3 personnes et commence un travail de fonds, avec des gens qui ont connu le « chômage » d’autres qui savent de quoi ils parlent, même si ils ne sont pas « conseiller APEC », et avec un coach que je paie de ma poche.
Tout ça ne m’empêchera pas d’avoir un moral totalement cyclothymique, mais au bout du compte ça m’aura redonné confiance en moi, et permis de trouver un job.
Je vous passe, bien sur, le côté obscur de cette situation auprès de votre entourage ; les sempiternelles « Alors t’en es où ?? », « Tu te fais pas trop chier ?? », les regards larmoyants de certains où les contacts totalement à côté de la plaque d'autres à qui vous avez expliqué pendant 3 heures ce que vous aviez fait et ce que vous cherchiez, et les sujets que vous n’osez plus aborder à tel point vous ne vous sentez plus dans le coup et aussi ceux qui ne vous parlent plus de rien ou bien uniquement de la Pluie et du Beau Temps et enfin ceux qui pensent que vous êtes un trouduc qui se la coulent douce et profite du système !!
Tout ça pourrait être traité au cours d’un autre sujet qu’on pourra intituler « Vous avez dit égoïste ?? ».
Non, ici ce dont je veux parler c’est du système.
L’assurance chômage est dotée de 3 structures, les Assedics, l’ANPE dotée d’une structure cadre et d’une structure non-cadre et l’APEC sensée gérer les cadres.
Bon les Assedic, je vois bien à quoi ça sert, même si il faut s’excuser de demander son indemnité lorsqu’elle a 45 jours de retard.
Mais l’ANPE et l’APEC, finalement ça sert à quoi ? Au total, j’ai eu 3 RDV avec une conseillère totalement bidon…………… nullissime !!
J’ai certainement, fait des erreurs : à la fois dans les projets personnels que j’avais entrepris et dans ma démarche de recherche d’emplois. Mais si je ne m’étais pas démerdé avec mon entourage ………..ou la la la. La spirale infernale de l’échec a vite fait de vous attraper !!
Bien sur, je ne vais pas faire de mon cas personnel un cas d’école et une référence, mais je crois qu’il doit y avoir une sérieuse organisation dans la gestion du merdage et des sans-emplois.
D’abord, parce que, outre les abus, à mon sens marginaux, personne ne peut-être satisfait d’une telle situation totalement désocialisante.
Pour ma part, j’imaginerais bien, un « contrat de collaboration » avec un organisme que ce soit l’APEC, l’ANPE, peu importe, qui fasse que :
- dans le cadre d’un rythme hebdomadaire, vous puissiez faire le point au moins 1h avec quelqu’un ;
- que vous puissiez avoir un poste de travail quelque part et que votre présence y soit requise au moins 2, 3 ou 4 demi-journée par semaine ;
- que d’entrée de jeu vous fassiez un bilan de compétence et le point sur vos forces et vos faiblesses ;
- que vous ayez à suivre une formation obligatoire vous mobilisant plusieurs demi-journée par semaine ;
- éventuellement que vos compétences soient mises à profit dans le cadre d’une activité d’utilité publique qui ait le double avantage de vous montrer que vous êtes utile, et de rendre au système la solidarité qu’il vous donne.
- etc…etc.
Bref, que votre situation ne soit pas du merdage ou du non-emploie mais un réel emploi personnel.
« Qu’est ce que tu fais en ce moment ? » : « Je travail sur moi !! »
Tout ça c’est remettre le merdeur dans une spirale vertueuse plutôt que de l’abandossister !! C’est évident un tel système permet de merder moins longtemps, et moins on merde…………moins on merde.
Voilà, je ne sais pas si le p’tit Nico aura l’occasion un jour de lire ce blog, mais j’ai plein d’idées pour faire bouger les choses.
A+
PS : special thanks à : ma femme ; Pierre B ; Domnine D ; Clara B ; Manuel D ; Sophie B ; Yann D ; Eric B ; Arnaud B ; Jérôme R, Claire D, Thierry R.
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